mercredi 2 décembre 2015

1er décembre 2015 : discours du Collectif


Chères-chers toutes-tous, chers, chères militant-e-s,

L’année 2015 est tout à fait paradoxale
Jamais nous n’avons eu autant d’outils de  réduction des risques d’exposition au VIH et aux IST entre nos mains et jamais nous n’avons enregistré une hausse aussi importante des déclarations de  séropositivité au VIH, et ce en particulier chez les hommes ayant des rapports sexuels avec d’autres hommes, ici, dans les Alpes Maritimes : 

  • 131 déclarations de séropositivité au VIH en 2014 dans les AM, la plus importante hausse depuis 2003
  • 58 % des nouvelles déclarations de séropositivité sont liées à des relations homo-bisexuelles masculines.

Nous  pouvons nous réjouir de savoir que toutes ces personnes qui ont appris leur séropositivité en 2014 connaissent leur état de santé et entreprennent un parcours de soin qui les protège et protège leur-s partenaire-s. Nous pouvons aussi tirer la sonnette d’alarme par rapport à ces chiffres. Nous pouvons aussi dénoncer,  encore une fois le manque de moyens alloués à la lutte contre le VIH et les IST, à l’échelle de l’épidémie dans notre département. Tout le monde, acteurs associatifs de terrain, représentants de patients, acteurs institutionnels, bailleurs de fonds, personnels soignants, a un rôle à jouer dans la mise en œuvre des politiques de santé et nous affichons la volonté de le faire. Reste maintenant à poursuivre leur mise en œuvre et de les inscrire dans des actions concrètes et pérennes à la hauteur des enjeux actuels. L’épidémie VIH est toujours très active et ne trouvera d’issue qu’au travers de nos actions combinées, autant que le sont les outils de réduction des risques. En allant toujours plus vers  les personnes les plus concernées et en accompagnant les plus vulnérables d’entre nous, nous leur permettons ainsi d’améliorer leur capacité à se protéger et à protéger leur-s partenaire-s. Aujourd’hui, 1er décembre 2016, journée mondiale de lutte contre le SIDA, il n’est  pas possible de passer à côté d’actualités qui permettront, à plus ou moins long termes, d’aller vers la fin de l’épidémie.

L’autorisation de la PrEP
La PrEP, ou prophylaxie pré-expositionnelle, par la voix de notre ministre de la santé, Marisol Touraine, a reçu l’aval pour une recommandation temporaire d’utilisation en préventif pour les personnes  les plus vulnérables  dans le cadre d’un accompagnement communautaire porté par des acteurs associatifs. Nous le disons et nous le répèterons autant de fois qu’il le faudra, cette prescription ne vient en rien se substituer aux autres outils de réduction des risques et de dépistages. Au contraire ! C’est un outil supplémentaire qui vient s’ajouter aux autres. Une RTU pour le truvada, c’est un outil supplémentaire pour aller vers les populations les plus vulnérables face au VIH et les plus en difficulté avec les moyens conventionnels de se protéger. Aussi, cet accompagnement permet de répondre à des besoins en soins très large, concernant la santé sexuelle globale. Les futurs CeGIDD y répondront. Il est encore utile de rappeler qu’un HSH a 200 fois plus de probabilités de rencontrer le virus sur une prise de risque similaire à celle d’un homme hétérosexuel, à niveau de protection équivalent. Cette injustice fait prendre conscience très largement aux HSH de leur responsabilité vis-à-vis de leur propre santé et aussi vis-à-vis de celle de leur-s partenaire-s, en même temps que cela ne doit pas faire reposer cette vigilance de tous les moments que sur leurs seules épaules. Nous tous y avons une part active.

Les futurs CeGIDD
Ils auront pleinement leur rôle à jouer dès 2016. Leur offre en santé sexuelle et reproductive reprend en effet tous les axes d’accès aux dépistages des IST, hépatites, etc., et elle s’étend à la santé sexuelle reproductive pour les femmes les plus vulnérables. Ils devront permettre de couvrir largement le territoire pour aller vers tous ces publics susceptibles d’avoir recours à ses services, que ce soient les HSH, les personnes trans, travailleuses-eurs du sexe, etc... A ce propos, Nice se voit doté d’un CeGIDD pour couvrir l’ensemble de ces missions. Nous voudrions penser que cela sera suffisant et répondra aux enjeux que l’épidémie nous impose sur cette partie de la région. Tous les moyens engagés aujourd’hui, dans la lutte contre cette épidémie sont autant d’économies réalisées dès demain sur des dépenses de santé.

Enfin, un dernier point. 
Une progression vers la fin de l’épidémie ne sera possible parce que la sérophobie cessera. Un rapport  sorti le 25 novembre dernier fait état de discriminations devant être combattues une à une. Ce sont autant de freins à libérer pour que chacun et chacune soit en capacité de connaître son statu sérologique le plus sereinement possible et donc participer à la réalisation de notre objectif de fin de l’épidémie.

Plus que jamais, à l’aube d’une restructuration des offres en santé sexuelle sur le territoire au travers de l’installation des CeGIDD dont nous pouvons espérer qu’elle réponde fortement aux enjeux qu’imposent les données épidémiologiques telles que nous les avons énumérées plus avant, à l’aide des nouveaux outils dont nous disposons, TROD VIH, VHc, autotests VIH, PrEP, acteurs-trices de terrain formé-e-s, etc. et des plus connus comme le recours aux dépistages et des préservatifs, à la veille des élections régionales et des politiques de santé que les futur-e-s élu-e-s  devront porter sur le territoire, nous, acteurs de prévention sur le terrain,  devons continuer à être actifs, promoteurs acharnés d’une santé positive, sans discrimination, inclusive donc, bienveillante et consciente.

Le Collectif 06 de lutte contre le SIDA